Tour statistique n°3 : Quantifier le pressing

Nous voilà à la 3ème journée et le classement commence à prendre forme avec le Paris Saint-Germain qui s’empare tranquillement de la tête du championnat. Derrière, le démarrage est plus laborieux pour les prétendants à l’Europe tandis que d’autres équipes se prennent à rêver.

Nouveau rappel qu’il est encore très tôt : Bordeaux, Saint-Etienne et Lille composaient le podium l’année dernière au même stade. Raison de plus pour laisser de côté le nombre de points pour se pencher sur des statistiques plus avancés.

Les matchs

Montpellier – Paris Saint -Germain : 0 – 1

Toulouse – Monaco : 1 – 1

Bastia – Guingamp : 3 – 0

Nice – Caen : 2 – 1

GFC Ajaccio – Angers : 0 – 2

Nantes – Reims : 1 – 0

Lyon – Rennes : 1 – 2

Lille – Bordeaux : 0 – 0

Lorient – Saint Etienne : 0 – 1

Marseille – Troyes : 6 – 0

Cliquez sur les scores pour accéder aux graphiques de domination (dangerosité des passes réussies et des tirs réalisés) et  aux simulations du match (en utilisant les ExpGoals).

Zoom sur

A l’heure où la Ligue 1 perd Bielsa, je me suis décidé à parler de pressing et, plus précisément, comment on peut le quantifier statistiquement. Il y a deux possibilités assez différentes :

  • Calculer le nombre de passes réalisées par l’équipe qui attaque et diviser ce nombre par le nombre d’actions défensives (tacles, interceptions, fautes) réalisées par l’équipe qui défend. Une méthode qui vient de l’excellent site statsbomb.com et porte le doux nom de PPDA (Passes Allowed Per Defensive Action ou Passes Autorisées Par Action Défensive).
  • Calculer le pourcentage de passes réussies par l’équipe adverse, afin de plutôt quantifier la pression obligeant l’adversaire à allonger ou se faire intercepter.

Pour les deux méthodes, il faut ensuite définir quelle partie du terrain nous intéresse, plus une équipe exerce un pressing important, plus elle ira chercher l’équipe adverse haut sur le terrain. On peut donc se limiter aux passes et actions défensives dans le camp adverse ou même plus haut. Je prends ici comme limite 60% du terrain.

Je préfère personnellement utiliser le pourcentage de passes réussies, qui donne un résultat plus « concret » et permet de travailler sur des échantillons très important (beaucoup plus de passes que d’actions défensives dans un match).

Commençons par jeter un coup d’œil à ce que ça donne pour la saison dernière :

Pressing 2014/2015

Pas trop de surprise de voir le Marseille de Bielsa en tête de ce classement, ce qui est plus étonnant c’est de voir Toulouse pas loin derrière. Pourtant, c’est l’équipe qui a terminé 1ère de ce même classement la saison précédente avec une valeur assez proche (70,2 en 2013/2014 et 71,3 en 2014/2015).

Si on compare avec le même graphique pour les 3 premiers matchs de la saison actuelle, on voit que c’est Lyon, Saint Etienne et Monaco qui ont commencé fort dans ce domaine. Mais les choses ont encore le temps de largement bouger.

Entraineur Matches Saison Passes% Adversaire
Élie Baup  17 2013/2014 78,1
José Anigo 21 2013/2014 78,1
Marcelo Bielsa 39 2014/2016 70,0
Franck Passi 1 2015/2016 71,8
Michel 1 2015/2016 87,7

En s’attardant un peu plus sur le cas marseillais, on peut bien voir l’évolution du jeu sous Bielsa. Il va maintenant être très intéressant de voir quelles vont être les évolutions de ce côté-là et à quelle valeur le pressing de l’équipe va se stabiliser.

Voilà, on se donne rendez-vous pour la 4ème journée.

2 réflexions sur “Tour statistique n°3 : Quantifier le pressing

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