Tour statistique n°29 : Attaquants confirmés

Nicolas Tucat / AFP / Getty Images
Nicolas Tucat / AFP / Getty Images

Une bonne dose de matchs nuls cette semaine (6/10), des résultats qui ne devraient pas arranger grand monde alors que la fin du championnat se rapproche à grands pas.

Marseille en est à 4 d’affilé alors que Toulouse n’arrive pas à accrocher le résultat qui leur redonnerait de l’espoir. Même schéma pour le match entre Bordeaux et le Gazélec. Plus haut, Saint-Etienne, Caen et Monaco laissent encore filer des points ce qui fait le jeu de Nice, Rennes et Lyon.

Maintenant que la fin de la saison est proche, et avant de faire un point sur les courses au maintien et à l’Europe, nous allons nous faire un tour d’horizons de différents attaquants du championnats entre habitués, espoirs, retours et nouvelles têtes.

Les matchs

Caen – Monaco : 2 – 2

Paris Saint-Germain – Montpellier : 0 – 0

Nice – Troyes : 2 – 1

Lille – Reims : 2 – 0

Bordeaux – GFC Ajaccio : 1 – 1

Bastia – Lorient : 0 – 0

Angers – Saint-Etienne : 0 – 0

Marseille – Toulouse : 1 – 1

Rennes – Nantes : 4 – 1

Lyon – Guingamp : 5 – 1

Cliquez sur les scores pour accéder aux maps des tirs / simulations du match (en utilisant les ExpGoals).

Zoom sur

J’ai déjà parlé d’attaquants ici et c’est logique étant donné que c’est le poste sur lequel on a le plus de certitudes, d’un point de vue statistique : marquer des buts est évidemment positif (tant que c’est dans la cage adverse) et on y retrouve différents profils quantifiables (renard des surfaces, dribbleur, passeur).

Aujourd’hui on va donc faire un tour global de différents buteurs de Ligue 1, en commençant par quelques mots sur les joueurs présents depuis plusieurs saisons.

Les habitués
  • Alexandre Lacazette

Depuis son passage en pointe lors de la saison 2013/2014, Alexandre Lacazette a retrouvé son poste de formation et a enfin matérialisé les promesses entrevues en équipe de jeunes.

Après une première année à 15 buts, il a attiré les regards de nombreux recruteurs en terminant meilleur buteur de Ligue 1 avec 27 buts. Une réussite qu’il ne semble pas capable de reproduire cette saison avec, après 29 journées, 12 buts à son actif.

Cependant, les chiffres derrière ses prestations ne sont pas vraiment en accord avec cette perception des choses. En décomposant rapidement le nombre de réalisations pour chaque phase de jeu, on obtient une autre réalité : 12 buts dans le jeu en 2013/2014 puis 11 en 2014/2015 et 9 cette saison. Soit 1 but toutes les 243, 259 ou 239 minutes, respectivement.

Loin de moi l’idée de dire que les autres buts ne comptent pas mais ceux marqués sur coups de pied arrêtés ou penaltys sont plus difficilement reproductibles d’une année à l’autre. Ainsi, parmi les 27 buts de Lacazette l’année dernière, on trouve 4 buts sur phases arrêtés et 8 sur penaltys (contre 2 et 1 cette saison). Auxquels ils faut ajouter les buts sur contre-attaques (aucun cette saison).

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En dehors de ce découpage très simple, un regard sur les Expected Goals donne un indice supplémentaire : en 2014/2015, Alexandre Lacazette a obtenu 11,37 xGoals pour 19 buts marqués, une réussite difficile à maintenir sur le long terme. En comparaison, il est à 11,06 xGoals pour 11 buts cette saison (9,70/15 en 2013/2014).

En volume d’Expected Goals obtenus, Lacazette est même en progression après deux années à 0,29/0,28 P90 (2013/2014 et 2014/2015) et culmine à 0,40 P90 pour cette saison.

Les prochains matchs nous en diront plus sur la capacité de l’attaquant lyonnais à performer au-dessus du nombre de buts estimés sur le long terme mais cette année lui aura aussi permis de jouer pour la première fois seul en pointe et de continuer à progresser dans son jeu de remises. Je pense qu’on est loin d’une année de perdue.

  • Martin Braithwaite

Martin Braithwaite est un peu l’opposé d’Alexandre Lacazette, un joueur incapable de conclure les occasions qu’il se procure et qui performe chaque année en-dessous de ses Expected Goals, malgré un talent certain à se mettre en bonne position.

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C’est pourtant un joueur très régulier dans la plupart des statistiques offensives et qui a même augmenté nettement son volume de tirs ces 2 dernières saisons. Mais son manque de réussite devant le but est un voyant rouge pour les clubs qui pourraient être intéressés.

La finition est un talent qui fluctue énormément et chaque attaquant va avoir ses périodes de réussite et de moins bien mais Braithwaite ne semble pas vouloir régresser vers la moyenne alors que ça fait 3 saisons qu’il joue en France et que l’échantillon commence à être suffisant important pour douter d’une future progression dans ce domaine.

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Depuis 2012/2013, aucun joueur n’a un taux de conversion plus faible que Braithwaite sur les occasions à 0,30 Expected Goals ou plus. Il est actuellement à 22,0% de buts marqués alors que la moyenne est à 44,7%.

Avec Toulouse ayant de fortes chances de descendre en Ligue 2, Martin Braithwaite pourrait être disponible pour une somme assez faible et valoir le coup de prendre un risque pour un joueur qui rapportera au moins 10-15 buts par saison mais il faut savoir à quoi s’attendre.

  • Wissam Ben Yedder

Autre joueur d’une équipe de Toulouse en difficulté, le coéquipier de Braithwaite attire beaucoup plus les envies. Et pour cause : avec 55 buts et 15 passes décisives sur les 4 dernières saisons, il fait partie des valeurs sûres de Ligue 1. Des chiffres qui ne sont pas gonflés par les penaltys non plus (5 marqués depuis 2012/2013).

En fait, Ben Yedder représente assez bien l’attaquant légèrement au-dessus de la moyenne de Ligue 1 : des chiffres de tirs et de passes clés solides, capable de créer des occasions pour lui même comme pour ses coéquipiers, mobile et dribbleur compétent à défaut d’être exceptionnel.

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L’évolution du nombre de tirs est un indicateur plus inquiétant pour Ben Yedder : depuis 2012/2013, il tire de moins en moins chaque saison. Logiquement, ses Expected Goals s’en ressentent et il s’est créé assez peu d’occasions pour un buteur récemment.

En conclusion, l’équipe qui recrutera Wissam Ben Yedder sait ce qu’elle obtiendra et c’est déjà très bien dans un marché où chaque transfert est un gros risque mais son plafond est peut-être moins élevé que celui d’autres joueurs. Etant donné son age, c’est le moment pour lui de réaliser ses meilleures saisons.

  • Zlatan Ibrahimovic

Pour Ibrahimovic, la fin de carrière est plus proche et il semblait sur la pente descendante avant cette saison : son nombre de tirs dans le jeu est descendu de 3,18 en 2012/2013 à 3,22 puis 2,52 en 2014/2015.

Encore plus net, il est passé de 0,59 Expected Goals en 2012/2013 à 0,52 puis 0,43 en 2014/2015. Sans, pour autant, devenir moins influent dans le jeu de passes de son équipe.

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Mais cette saison a vu le géant suédois de retour en pleine forme, effaçant l’année précédente (la seule avec moins de 20 buts marqués) qui apparaît maintenant comme l’exception.

Difficile de dissocier ce retour en grâce de l’arrivée d’Ángel Di María, qui a permis à Paris d’améliorer un front offensif déjà très costaud. Au final, Ibrahimovic n’a jamais autant tiré au but et ne s’est jamais créé autant d’occasions par match depuis son arrivée en France.

A 34 ans, il est difficile d’imaginer combien de temps il peut encore tenir à se rythme et les dirigeants parisiens sont face à des choix compliqués : ils doivent préparer l’avenir mais il faut être sûr de soi avant de remplacer un joueur aussi important et au profil aussi atypique que Ibrahimovic.

  • Edinson Cavani

Troisième joueur du trio offensif parisien en début de saison, Cavani semble avoir perdu sa place récemment au profit de Lucas Moura. Les supporters parisiens sont parfois un peu dur avec un joueur capable de marquer 15-20 buts tout en étant aligné sur le côté la plupart du temps mais force est de constater que Cavani a du mal à apporter plus que des buts au collectif parisien.

Il ne joue pas assez avec ses coéquipiers et a le malheur de convertir les occasions nettes qu’il se procure à un rythme trop peu élevé : 39,4% pour lui contre une moyenne de 44,7%. Ainsi, sur ses 3 saisons en Ligue 1, il n’a jamais marqué plus de buts que ses Expected Goals. Des performances loin de celles de Naples qui avaient convaincu les dirigeants parisiens de le recruter.

A maintenant 29 ans, il parait compliqué pour Paris de miser sur lui sur le long terme et encore plus en remplaçant d’Ibrahimovic vu les profils très différents. En règle générale, Paris a construit une attaque pour gagner maintenant et les joueurs qui la composent doivent être à 100% de leurs possibilités.

A suivre

Voilà pour certains des attaquants présents dans le championnat depuis plusieurs saisons dont je voulais parler en détails.

Dans une prochaine partie, on s’attaquera à certaines des révélations de la saison mais aussi le retour en Ligue 1 de certains joueurs ainsi que des nouveaux venus.

Vous pouvez accéder au classement complet interactif par ici : Classement statistique (Ligue 1 – 29ème journée)

A la semaine prochaine !

4 réflexions sur “Tour statistique n°29 : Attaquants confirmés

  1. Bonjour,
    2 questions propos de l’analyse Lacazette :
    Pourquoi un attaquant ne pourrait pas surperformer ses XG sur le long terme? Il me semble que c’est un bon indicateur de son talent par rapport à un attaquant “moyen” qui ne ferait que réaliser ses XG?
    Et le nombre d’XG obtenus par un ATT n’est il pas plus un indicateur de performance collective, et de du rôle de l’ATT dans ce collectif?

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