Quel est le profil des entraîneurs limogés ?

Sérgio Conceição, nouvel entraîneur de Nantes.
Crédits : Jean-Sébastien Evrard / AFP

Nouvel article sur un des parents pauvres de la statistique : les entraîneurs. Après avoir essayé de les évaluer statistiquement et s’être penché sur leurs façons de gérer les remplacements, je voulais regarder le profil des coachs licenciés.

D’abord en se penchant sur l’historique récent mais aussi en jetant un œil sur leurs remplaçants et les modifications qu’ils ont su apporter.

Historique des entraîneurs virés

Sur les 16 entraîneurs virés depuis le début de la saison dernière (je ne compte pas les intérimaires), 13 d’entre-eux (81,25%) était sur un bilan négatif quand on regarde la différence entre points estimés et points obtenus. C’est-à-dire qu’ils n’ont pas obtenus autant de points que leurs prestations auraient pu leur permettre.

En moyenne, cette différence se situe à -0.20 points par match, soit ~8 points en moins sur une saison. Ça correspond, par exemple, à l’écart de points entre la 7ème place de Caen et la 15ème place de Lorient la saison dernière.

Les trois autres entraîneurs sont Philippe Montanier avec un bilan neutre et Ghislain Printant/Franck Passi qui étaient dans le positif. Passi est d’ailleurs aussi le seul coach limogé après une victoire. A noter que Willy Sagnol (différence de points de -0,10 par match) avait un bilan assez proche de l’équilibre.

Attention, ça ne veut pas dire que les prestations, en termes d’Expected Goals, de ceux-ci étaient suffisantes par rapport aux objectifs de performance de leur équipe. Mais leur départ est la plupart du temps intervenu alors que les résultats ne reflétaient pas le niveau affiché.

Différence entre Expected Points et points obtenus des entraîneurs limogés.
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Sans surprise, la plupart de ces licenciements concernent des équipes menacées par une descente en Ligue 2. 10 entraîneurs sur les 16 virés affichaient un rythme de candidat à la relégation. Robin, Furlan et Ciccolini avec des chiffres d’Expected Points effectivement très bas alors que Renard, Guegan, Arribagé, Ripoll, Hantz ou Girard semblent avoir payé cher un manque de réussite.

Dans les autres équipes, Fournier, Sagnol et Passi se trouvaient à une position insuffisante par rapport aux objectifs du club. Pour ce dernier, c’est aussi l’opportunité de pouvoir recruter Rudi Garcia qui a dû faire pencher la balance.

Est-ce que les présidents de club manquent de patience ? Est-ce que Toulouse, Montpellier ou Nantes auraient pu remonter la pente sans changer d’entraîneur ? Pour ça, regardons la réussite de leur successeur.

Résultats des coachs remplaçants

La première observation qui saute aux yeux c’est que, sur 13 entraîneurs arrivés en cours de saison, seul Rolland Courbis a obtenu moins de points par match que son prédécesseur. Des choix qui semblent donc payants.

Différence entre les statistiques des nouveaux entraîneurs et celles de leurs prédécesseurs.
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Si on regarde plutôt le nombre de points estimés, la tendance est également positive mais dans des proportions moindres. En moyenne, ces entraîneurs obtiennent 0,17 Expected Points par match de plus (soit 6,5 Expected Points sur une saison). A côté, la moyenne de points par match explose à 0,49 (soit 18,4 points sur une saison). Tout simplement énorme !

Les coachs profitant le plus de ce décalage correspondent à différentes catégories. On a ceux dont l’équipe a progressé mais qui profitent également du manque de réussite de leur prédécesseur comme Antonetti, Génésio ou Conceição.

Il y a également Frédéric Hantz qui fait beaucoup mieux au niveau comptable mais régresse en termes d’Expected Points. Mais aussi Bernard Casoni qui obtient plus de points avec des performances équivalentes aux coachs précédents.

Conclusion

Il semblerait donc que remplacer un entraîneur en cours de saison ait généralement un effet positif sur les résultats. En tout cas sur le court terme. Car ça n’a pas empêché Ciccolini, Antonetti ou Hantz d’être limogé la saison suivante.

Il y a une extrême volatilité concernant les performances des entraîneurs avec des coachs qui semblent passer de génies à incapables (Antonetti, Génésio, Hantz, etc.). C’est justement là que les statistiques sont utiles même s’il reste beaucoup de points à éclaircir.

Par exemple, d’où vient cette réussite qui suit la nomination d’un nouveau coach et qui semble assez globale ? La fameuse confiance retrouvée (#legroupevitbien) ? Une lune de miel condamnée à disparaître après une dizaine de matchs ?

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