Tour statistique n°36 : Entraîneurs et remplacements

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Jean-François Monier / AFP / Getty Images

Marseille a gagné un match ! En-dehors de ça, Nice semble être le grand perdant de cette journée de championnat en laissant Lille revenir à leur hauteur et en ne profitant pas du match nul de Saint-Etienne. Un match nul qui semble confirmer la paire Lyon/Monaco pour la Ligue des Champions.

Avant les deux multiplex qui vont conclure cette saison, on va s’écarter un peu de l’actualité pour parler des entraîneurs et de leur manière de gérer les remplacements lors des matchs.

Les matchs

Paris Saint-Germain – Rennes : 4 – 0

Nantes – Nice : 1 – 0

St Etienne – Toulouse : 0 – 0

Troyes – Bordeaux : 2 – 4

Reims – Montpellier : 2 – 3

Monaco – Guingamp : 3 – 2

Lorient – Lille : 0 – 1

Caen – Bastia : 0 – 0

Lyon – GFC Ajaccio : 2 – 1

Angers – Marseille : 0 – 1

Cliquez sur les scores pour accéder aux maps des tirs / simulations du match (en utilisant les ExpGoals).

Zoom sur

Comme lors de mon précédent article sur la question, il est bon de noter que les entraîneurs sont assez peu présent dans l’analyse statistique. Une absence qui s’explique par la difficulté de séparer l’impact du coach de celle des joueurs. Par ailleurs, une telle influence peut prendre plus ou moins de temps à se mettre en place.

Une limite que l’on va contourner aujourd’hui en se concentrant uniquement sur les habitudes des entraîneurs en termes de remplacements. Le but n’est pas de juger ceux-ci mais plutôt de voir les différents styles présents en Ligue 1.

Remplacements/Match

Parmi les entraîneurs avec au moins cinq matchs dirigés cette saison, neuf d’entre-eux ont systématiquement utilisé leurs trois remplacements : Jean-Marc Furlan, Hubert Fournier, Philippe Montanier, Willy Sagnol, Mohamed Bradja, Hervé Renard, Christophe Galtier, Sylvain Ripoll et Pascal Dupraz.

A l’inverse, François Ciccolini (2.67 par match), Ghislain Printant (2.55) et Frédéric Hantz (2.50) sont beaucoup plus avares de leurs remplacements. Il est intéressant de voir que l’on retrouve ici les deux entraîneurs de Bastia cette saison.

Bastia fait ainsi partie des rares équipes à avoir réalisé un seul remplacement à plusieurs reprises : 4 fois pour les corses, 2 fois pour Lille et 2 fois pour Montpellier.

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Ayant récupéré les données historiques sur transfermarkt depuis la saison 1997/1998, il n’est pas intriguant de voir que les coachs semblent utiliser de plus en plus toutes leurs options de changement et la moyenne du nombre de remplacements par match n’avait jamais été aussi haute.

Minutes/Remplaçant

Le nombre de remplacements utilisés varie finalement assez peu entre les différents entraîneurs mais l’autre paramètre à prendre en compte c’est le temps que passe les joueurs entrés en cours de jeu sur le terrain.

A ce niveau, on retrouve deux entraîneurs de Troyes aux deux premières places : Jean-Marc Furlan qui, en plus d’utiliser systématiquement tout ses remplacements, le fait assez tôt dans le match et Claude Robin qui le suit de très près (26.0 minutes pour Furlan et 25.8 minutes pour Robin).

Suivent ensuite Hubert Fournier (25.2), Ghislain Printant (24.7) et Rolland Courbis (24.6). On voit donc que Ghislain Printant fait moins de remplacement que la moyenne mais semble les faire assez tôt.

En queue de classement, on retrouve un autre entraîneur lyonnais, Bruno Génésio, qui aime faire ses remplacements assez tard : les joueurs qu’il fait rentrer jouent en moyenne 16.1 minutes. A côté de lui, on a Claude Puel (18.0) et Dominic Arribagé (17.4).

Buts/Remplacement

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Le peu de temps de jeu des remplaçants de Génésio ne l’empêche pas d’être l’entraîneur avec le plus grand nombre de buts (marqués par des remplaçants) par remplacement avec 0.13 buts/changement.

Il est assez largement devant selon cette statistique avec Montanier et Dupraz plus loin avec 0.10 buts/changements.

Claude Robin, Mohamed Bradja et Frédéric Antonetti sont les seuls entraîneurs (minimum 5 matchs dirigés) dont les remplaçants n’ont jamais marqué de buts.

Un classement qui peut s’expliquer par plusieurs, plus ou moins positives, raisons : meilleurs joueurs sur le banc, équipe derrière au score en fin de match, changements tactiques efficaces, etc.

 

Données historiques

Comme je l’ai dit, j’ai récupéré ces données depuis 1997/1998 jusqu’à la saison actuelle donc autant en profiter en jetant un œil aux années précédentes.

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Sur cette période de temps, Génésio reste largement l’entraîneur le plus efficace de la bande même si le nombre de matchs restreint laisse à penser que ça ne va pas forcément durer.

Plus loin mais avec pas mal d’avance sur la suite, Marcelo Bielsa est l’entraîneur qui a vu le plus de buts marqués par ces remplaçants depuis 1997/1998.

La plupart de ces noms semblent venir de saison récentes mais Jean Tigana avec Monaco, en 1997/1998, n’est pas loin tout comme Frédéric Antonetti avec Bastia, en 1999/2000.

Maintenant, si on groupe par entraîneur et que l’on filtre ceux avec plus de 50 matchs de Ligue 1, voilà ce que l’on obtient :

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Carlo Ancelotti en tête et des noms plutôt reconnus dans le haut du classement avec Leonardo Jardim, Gérard Houllier ou Rudi Garcia.

Il est cependant logique de penser que les entraîneurs en question sont privilégiés par le fait que leurs équipes, souvent plus talentueuses, marquaient en règle générale plus que le reste du championnat et pas uniquement les remplaçants.

Il est très probable aussi que la qualité des remplaçants soit bien meilleur dans les plus gros clubs.

En fond de classement, Jacky Duguépéroux est assez largement à la traîne, n’ayant eu que 4 buts marqués par des joueurs entrés en jeu en 89 matchs avec Strasbourg.

Avant de finir, un mot sur un entraîneur vraiment atypique de ce point de vue et dont un message sur twitter m’a convaincu de regarder plus loin que les récentes saisons :

Guy Roux est effectivement, et très largement, l’entraîneur avec le moins de remplacements effectués : en 124 rencontres dirigées, sa moyenne est de 1.69 par match. Le deuxième derrière lui est Alain Giresse avec 2.05, ce qui est déjà très bas.

Conclusion

Même si ces informations ne nous donne pas forcément une indication sur la qualité d’un entraîneur, elles donnent une idée plus claire de la manière dont ceux-ci fonctionnent quand il s’agit de changer le cours d’une rencontre. Au final, c’est une des manières les plus directes d’influencer un match une fois celui-ci commencé.

Vous pouvez accéder au classement complet interactif par ici : Classement statistique (Ligue 1 – 36ème journée)

A la semaine prochaine !

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