Plus loin avec les passes : les passes dangereuses

Crédits : François Denat / CulturePSG.com

Très souvent, l’utilisation des statistiques dans le football se concentre sur les tirs (et les buts qui en découlent), ce qui est logique quand on veut analyser le résultat d’un match qui est énormément influencé par ces facteurs. De nombreux articles ont été écrit et il existe maintenant de nouvelles statistiques, comme les Expected Goals, qui permettent d’approfondir le sujet.

A côté de ça, beaucoup moins de choses ont été écrites sur les passes et peu de statistiques liées à celles-ci sont utilisées régulièrement en dehors des passes clés. Je reprends donc cette série d’articles sur de nouvelles statistiques dérivées des passes.

Le premier article de cette “série” date de 2015 et je n’ai pratiquement pas changé le texte d’intro. Pourtant, le paysage de l’analyse statistique a bien évolué ces 4 dernières années mais, dans la sphère publique, les passes demeurent le parent pauvre des stats.

Définition

Nous allons donc parler aujourd’hui des passes dangereuses, un nom pas ouf qui cache des informations vraiment intéressantes.

Commençons par expliquer ce que c’est : je définis une passe dangereuse comme une passe réussie se terminant dans un rayon de 30m des buts adverses et commençant à l’extérieur de celui-ci. Le but est donc d’identifier les passes qui permettent de mettre l’équipe en position de frappe.

Pourquoi un rayon de 30m ? Parce que ça permet d’englober la surface mais également la zone dans l’axe et à l’entrée de la surface d’où viennent beaucoup d’occasions dangereuses. Le graphique ci-dessous représente les points d’arrivée des passes dangereuses de ces deux dernières saisons et permet de bien visualiser ce fameux rayon.

Les passes commençant et terminant à l’intérieur de ce rayon sont exclues parce que ce qui nous intéresse ici est la régularité avec laquelle les équipes sont capables de se rapprocher de la surface. Chaque chose en son temps !

Application

En utilisant les passes au lieu des tirs, on se permet de tirer des conclusions sur un joueur / une équipe plus rapidement. Tout simplement parce le nombre de passes par match est bien supérieur à celui des tirs.

Mais aussi parce que l’on s’affranchit de la finalité du tir. Une équipe qui arrive à atteindre la zone dangereuse mais qui manque de réussite à de bonnes chances de voir la chance tourner. D’ailleurs, les passes dangereuses sont fortement corrélées avec les Expected Goals obtenus.

Par équipe

Maintenant que ceci est clair, quelles sont les applications possibles ? L’évidence est de regarder les équipes les plus performantes pour prédire les résultats futurs. Cette saison, Lyon et Rennes sont en bas depuis le début de saison du classement des passes dangereuses mais n’ont chuté au classement “réel” que dans un second temps.

Voilà ce que ça donne si on compare les deux dernières saisons :

On peut difficilement passer à côté de la chute de Lyon. Des chiffres qui correspondent aux critiques des supporters lyonnais sur le jeu de leur équipe. Et qui ont poussé les dirigeants du club à se séparer de Sylvinho.

A l’inverse, Paris réussit l’exploit d’encore progresser sur le jeu de passes offensif.

Bordeaux est assez mal classé, il n’est pas impossible de les imaginer baisser de rythme offensivement lors des prochains matchs.

Dans les progressions, il y a également Monaco qui semble aller mieux en attaque même s’il reste la défense à corriger.

On peut aussi regarder le nombre de passes par passe dangereuse, un chiffre qui peut mettre en avant une possession stérile.

Lyon est ici aussi en mauvaise posture : il réussisse une passe dangereuse toutes les 58,7 passes. Personne ne fait moins bien sur les deux dernières saison, et de loin.

On retrouve également Bordeaux, Nice (des habitués) et Rennes avant un peloton de 13 équipes.

Nîmes sort également du lot mais de manière opposé. Avec une passe dangereuse toutes les 23,1 passes, c’est l’équipe la plus “pénétrante”. Mais ça veut aussi dire qu’ils ne se servent pas de la possession dans un rôle défensif. C’est d’ailleurs une des équipes qui garde le moins le ballon cette saison.

 

Par joueur

Mais on peut aussi évidemment explorer les passes dangereuses par le prisme des joueurs. Par exemple, voilà le top 20 des joueurs de ce début de saison (min. 270 minutes de jeu) :

J’apprécie le fait qu’apparaissent ici un mélange de stars (Neymar, Verratti) et de joueurs moins évidents (Ndour, Simon). Mais également que les chemins pour arriver dans la zone dangereuse soient variés. Ndour multiplie les centres, Adli réalise des passes courtes dans l’axe du terrain alors que Marquinhos a plus tendance à allonger.

Ça permet également de mettre en avant des joueurs qui ne sont pas forcément décisifs en soit mais qui reste cruciaux pour faire progresser leur équipe aux abords de la surface. Oui Marco, c’est de toi que je parle.

Allez, on termine avec un zoom sur le joueur numéro un des passes dangereuses : Neymar.

Une réflexion sur “Plus loin avec les passes : les passes dangereuses

  1. Bonjour,
    Un article intéressant, merci.
    En revanche, je pense que si l’on trace réellement un arc de cercle avec un rayon de 30 mètres autour de la cage, on arrive quasiment au poteau de corner dans la plupart des stades… Les passes venant du bord de touche et réceptionnées au poteau de corner (ou à 2-3 mètres de celui-ci le long de la ligne de sortie de but) sont-elles comptabilisées ?
    Autre chose, même si l’on s’adresse à un Italien, on ne peut pas écrire “c’est de toi dont je parle”…
    http://www.langue-fr.net/Dont-c-est-de-toi-qu-on-parle-dont-on-parle
    ++

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